À 15 ans c’est la seule personne vivante parlant la langue Selknam. Il vient d’éditer deux disques de ses créations.
Comme d’autres peuples autochtones de la Patagonie et de la terre de feu, les Onas (ou Selknam) ont connu une fin tragique. Après des milliers d’années de vie semi-nomade (selon les sources archéologiques : 6000 avant JC) ils ont été victimes des grandes compagnies qui ont envahi la zone sud du Chili à la fin du 19e siècle.
L’introduction des troupeaux de moutons a créé de graves conflits entre les autochtones et les colons, les Onas chassant les moutons comme ils avaient toujours chassé sur ce territoire auparavant, ce qui donna lieu a une guerre d’extermination menée par les colons. Les compagnies payaient même une livre sterling pour les testicules ou les seins d’Onas adultes tués, et ½ livre par oreille.
Jusqu’en 1880, ils étaient environ 4000 personnes, tandis qu’en 1931 l’ethnologue autrichien Martin Guisinde en recensa seulement 84. Cherchant à stopper le massacre, le gouvernement du Chili céda l’île Dawson a des prêtres salésiens et y envoyèrent le peu de Selknam encore vivants. Quelques années plus tard, l’île n’était plus qu’un énorme cimetière, les Onas ayant péri à cause des épidémies.
Avec la disparition de ce peuple tout son héritage culturel a également sombré : cérémonies, rites, musique et surtout la langue qui est aujourd’hui considérée comme éteinte. Malgré tout, certains descendants sont décidés à ce que ce patrimoine ne soit pas oublié.
Un des pionniers de ce sauvetage, c’est Joubert Yantén Gomez, 15 ans mais déjà expert dans l’histoire des cultures de la Patagonie (Onas, Acaules, Yaganes, Tehuelches et Haush).
A 8 ans, alors qu’il ignorait l’existence d’ancêtres autochtones de sa famille, ( ses arrière-grands-parents étaient Selknam et Tehuelches) il entreprenait une recherche sur ces cultures. Un de ses premiers objectifs a été d’apprendre la langue ONA. "Déjà a cet age je trouvais trop triste que la langue ait disparue avec les derniers survivants de l’ethnie ”, explique Joubert.
De cette façon il a contacté des parents et amis de Punta Arenas afin qu’ils lui procurent des dictionnaires et des textes de grammaire et phonétique. “ Quand quelqu’un apprend à construire des phrases, il assimile presque toute la langue, qui est plutôt gutturale. ”
Quelques temps plus tard il a mis la main sur des enregistrements de chants et conversations de Lola Kiepja, la dernière chamane Selknam, décédée en 1966. Ces enregistrements avaient été faits par l’ethnologue franco-étatsunienne Anne Chapman, qui avait connu les deux dernières femmes Selknam.
“ le Ona et le Tehuelche viennent de la même branche, qui s’appelle Tchon. Comme ils se ressemblent, il m’a été facile de les apprendre. Ensuite je me suis intéressé à d’autres peuples, comme les Yaganes, que j’ai toujours admiré parce qu’ils ont réussi à survivre. Le Yagan est plus facile, sa prononciation est plus douce et se rapproche plus des langues européennes. Maintenant, je le pratique avec Christina Calderon, la dernière Yagan. ”
Après avoir appris ces langues, Joubert a entrepris de les diffuser “ j’ai commencé à créer des chansons parce qu’ainsi on peut atteindre plus de gens. En plus leur musique est plutôt méconnue : les Selknam avaient des chants quotidiennes, cérémoniaux et toute une variété de chansons.
Au début sa mère croyait qu’il s’agissait d’un simple passe temps. Mais quand elle a entendu son fils discuter avec un expert universitaire en la matière, elle a été convaincue du contraire. “ J’ai compris alors l’importance des recherches de mon fils et lui ai révélé l’existence de mes grands-parents Ona et Tehuelches. ”
L’an passé, grâce à la collaboration de sa famille Joubert a enregistré un disque “ Kwanyipe le premier Tchon. ” chanté en Ona et Tehuelche et constitué de 11 chansons composées par lui. A la fin de l’année il lancera son prochain enregistrement : Yik’wa vuen kwa haspen , qui signifiue en Selknam “ nous sommes vivants. ” Il contient 12 chansons en Tehuelche Selknam et Haush.
Le chemin n’a pas été facile, les différentes instances qui financent les disques l’ayant écarté pour cause de son jeune age.
Aujourd’hui, Joubert est le seul locuteur Ona existant, grâce à ses efforts et a l’aide de sa famille, en plus de parler le Tehuelche et le Yagan.
A TRAVERS LE MONDE
Selon l’Unesco, plus de la moitié des 6,000 langues existantes courent le danger de s’éteindre.
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ukhamawa noticias/ 12 de octubre de 2006
Aujourd’hui plusieurs pensent que le Quechua (Runasimi) est seulement une langue du passé et des campagnes, et qu’elle n’a rien à voir avec un futur moderne et technologique. Spécialement, les jeunes des villes tendent à déprécier leur langue autochtone comme une chose antique qui ne sert à rien dans la vie moderne. Ils prétendent que le Runasimi est honteux et inutile dans la ville. Pour changer cette perception, un groupe a décidé de créer des logiciels libres en Runasimi, afin de démontrer la valeur culturelle et le fait que oui, cette langue ait un futur dans la modernité.
Le 26 août passé, Microsoft avait présenté sa version Quechua. Néanmoins, les coûts du logiciel rendent son utilisation quelque peu difficile par la majorité des populations parlant le Runasimi. C’est pourquoi une version en Runasimi de Linux est en chantier … http://www.runasimipi.org / Certains problèmes se présentent, dont la traduction des termes informatiques pour lesquels il n’existe aucun précédent. De même, l’existence de plusieurs variantes locales du Quechua. Par exemple, le logiciel AbiWord est déjà traduit en Runasimi de Sucre, Bolivie, mais les gens d’Apurimac, au Pérou, devront l’adapter à leur vocabulaire.
Bien sûr, cette possibilité ne changera pas à elle seule la situation d’exclusion des autochtones sud-américains, mais elle leur offrira un outil de plus pour améliorer leur sort, préserver leur langue et démontrer que le Runasimi se prête tout aussi bien au monde informatique qu’une autre langue.
On estime
À quand une version Innue, Attikamekw Mohawk ou Crie de Linux ?
