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Vilma Almendra

 “POUR NOUS, L’AUTONOMIE C’EST LA VIE, C’EST UNE STRATÉGIE, C’EST LA RAISON D’ÊTRE SUR LE TERRITOIRE DEPUIS LA CULTURE.”

Entrevue à Vilma Almendra, Toronto, Canada. Janvier 2006

Par: Ivan Ignacio

Traduction : Marlène Bordeleau

Vilma Almendra photo: CNTowerVilma Almendra est une charmante et jeune autochtone, toute menue, au regard rieur. Au premier regard elle nous inspire la confiance et nous communique sa détermination, ce que vient corroborer la passion et la transparence avec lesquelles elle parle des problèmes que vit son peuple. C’est sans hésitation qu’elle accepta de nous accorder la présente entrevue afin de nous entretenir du processus organisationnel du peuple Nasa, du territoire du Cxab Wala Kiwe (en langue Nasa : Territoire du Grand Peuple) situé au Nord de la région du Cauca en Colombie. Elle-même étant originaire de ce peuple (sa mère est Nasa tandis que son père est Guambiano)  elle vit et participe directement à ce processus.

Au milieu de 2004, en reconnaissance de ses efforts, elle a obtenu une bourse d’études en communication sociale et journalisme à Cali, et depuis ce temps elle partage son temps entre ses études et l’ACIN (Association de Chapitres Indigènes du Nord-Cauca)-Cxab Wala Kiwe. Actuellement, elle coordonne le projet “Fortification des moyens de communication pour la protection de la vie devant le conflit armé dans la région Nord du Cauca”. De plus, elle est la coordonnatrice du Télécentre communautaire de l’ACIN depuis le tout début, et elle fait partie du réseau de Communication et Relations pour la Vérité et la Vie de l’ACIN-Cxab Wala Kiwe.

Au sujet de sa trajectoire, Vilma nous mentionne qu’elle a commencé à travailler directement avec l’ACIN et ce depuis 2000, alors que le projet Inforcauca était en voie d’implantation et que trois télécentres communautaires étaient installés, un à Aguas Blancas, zone marginale de Cali, un autre au centre du Cauca, et le dernier au nord du Cauca, plus précisément à Santander de Quilichao, CXAB WALA KIWE.

Au départ, elle se chargeait des services d’information et de communication au télécentre. Parmi ses tâches, elle devait faciliter l’accès à Internet, former des jeunes et des leaders afin qu’ils puissent utiliser un ordinateur et les nouvelles technologies de l’information et de communication, envoyer et recevoir les courriers, alimenter la page web en contenu, faire circuler et échanger de l’information aux niveaux interne (programmes de l’ACIN, projets communautaires, radio, assemblées et des chapitres) et externe   (courriels, listes d’envoi, site web, ONG, institutions, bayeurs de fonds, ministères, autres communautés autochtones, paysannes et populaires )

Elle a fait partie de l’équipe d’information et de communication à l’intérieur et à l’extérieur des communautés et qui s’occupe d’émettre les communiqués, d’écrire des articles et textes d’analyse, de réaliser des assemblées, congrès et salles de réaction/rédaction pour des thèmes prioritaires, ainsi que de générer des stratégies de communication et de relations externes. De même. Elle participe à des projets pédagogiques dans le domaine des communications, avec l’emphase sur les technologies électroniques, et a fait partie des équipes nationales et internationales qui représentent le processus à l’extérieur du territoire, contribuant de cette façon à l’élaboration et à la mise en place de propositions et de projets.

Ivan Ignacio : Vilma, en ce qui a trait au conflit armé, quelle est la situation actuelle de la communauté autochtone en Colombie, au niveau de la communauté où tu vis ainsi qu’au niveau national ?

Vilma Almendra : La situation vécue en ce moment en est une d’alerte constante, puisque à la base des prises de la guérilla qui ont eu lieu au cours du premier semestre de l’an passé et du siège militaire-paramilitaire qui s’accroit à chaque fois, il y a eu pour résultatr une grande quantité de personnes affectées tant physiquement que psychologiquement. La communauté ne peut plus marcher dans les montagnes l’esprit tranquille, parce qu’il y a eu des victimes de munitions vives, des grenades et d’autres explosifs abandonnés dans la région après les affrontements entre la guérilla et l’armée colombienne. Les gens qui sont restés marqués psychologiquement l’ont été pour plusieurs raisons ; Premièrement, parce que le gouvernement a mené des captures massives, où ont été emmenés plusieurs compagnons accusés d’être des collaborateurs de la guérilla, la nouvelle a été diffusée par les médias nationaux, ils ont passé un temps en prison. Pour eux, ce fut très difficile, parce qu’ils ont été arrachés de leurs foyers, leurs familles abandonnées à elles-mêmes. Le plus dur reste le signalement qui leur a été fait et les taxant de guérilleros. Ensuite, il y a des personnes qui ont reçu de mauvaises blessures, qui ont perdu leur maison, leurs cultures et leurs animaux.

Mais tout ceci s’explique par la lutte qui existe entre la guérilla et l’armée afin de contrôler le territoire, ici le conflit s’est intensifié quand des postes de police se sont installés dans le secteur. Par exemple : à Jambaló il n’y avait aucune présence des forces de l’ordre depuis 20 ans et la militarisation de la région a été la source qui a provoqué les attaques, qui ont affecté directement la population civile. Maintenant la communauté est très inquiète, avec la question des prochaines élections présidentielles et du congrès, parce que plusieurs combats entre la guérilla et l’armée ont eu lieu là où existe l’éradication manuelle de la coca. De plus, le mois passé (décembre 2005) nous avons pu constater une forte augmentation de la présence de militaire se déplaçant à cette zone et tout ceci est préoccupant, parce qu’il y a une crainte que se produise un assaut  comme celui de l’an passé, qui avait directement touché Toribrio, Jambaló et Caldono, provoquant des déplacements internes et la rareté des aliments.
Carte Nord-Cauca par NASA-ACIN

Ivan: Quels sont les acteurs armés ?

Vilma: Au niveau national, les acteurs armés sont les paramilitaires, la guérilla et l’armée. Dans les montagnes de la zone nord, la présente de l’armée et de la guérilla est plus intense, et dans quelques municipalités, en zone urbaine, il y a les paramilitaires. L’ACIN couvre sept municipalités de la zone nord du Cauca : Toribio, Jambaló, Caloto, Corinto, Miranda, Santander de Quilichao et Suarez. Dans les environs de toutes ces municipalités la guérilla et l’armée sont présents. À Corinto, Santander de Quilichao, Miranda et Suárez il y avait présence de paramilitaires.

Ivan: Crois-tu que les perspectives actuelles nous dirigent vers un processus de paix à court terme ?

 Vilma: Vraiment, NON, puisque avec les élections par-dessus tout ceci et l’éradication de la coca, la situation au niveau national est de mal en pis, une série d’affrontements sont survenus et plusieurs régions du pays sont paralysées par les armes. Il est évident que ce conflit tend à se prolonger, parce que le gouvernement actuel n’a pas voulu accepter de négociation humanitaire et que la guérilla ne veut pas négocier avec Uribe ; En ces termes, personne ne veut céder, au contraire chacun agit à sa guise pour montrer son pouvoir. La guerre est un moyen pour contrôler les richesses du territoire et c’est en plus un moyen d’accumuler des richesses. Le Gouvernement ne va pas abandonner la guerre parce que c’est un “business” et pour que les corporations fassent des affaires. Les insurgents ne vont pas abandonner ce territoire où ils ont été depuis sa création. Les communautés, nous sommes une embûche pour les deux acteurs dans la mesure où nous protégeons le territoire des intérêts d’exploitation des ressources et parce que nous exigeons notre autonomie, ce qui nous convertit en menace, en cible militaire et en victimes. Je ne veux pas dire avec ceci que la guérilla et l’armée/paramilitaires sont du pareil au même. La guérilla mène une guerre de résistance devant l’agression du Gouvernement, mais ne nous reconnaît pas ni ne nous respecte comme autochtones.  Nous livrons une lutte de résistance, mais nous ne pouvons pas arrêter d’être autochtones pour nous défendre. Dans ce contexte, la guerre va se poursuivre.

Ivan: Quel est le rôle de la femme dans cette lutte que vous menez ?

Vilma: Le rôle que joue la femme maintenant est très important, parce que divers espaces se sont ouverts afin qu’il y ait une participation plus active au niveau politique, entre autres, au cours des dernières années il y a eu six gouverneurs femmes, ce qui ne s’était jamais vu, auparavant seuls les hommes occupaient des postes d’autorité et de direction. Aujourd’hui il y a de plus en plus de femmes à la tête de projets, qui gouvernent, qui participent à la prise de décision et qui donnent leur opinion. Nous avons obtenu ceci parce que les femmes ont voulu apprendre et se former en leadership, droits humains, santé, communication et autres thèmes, un apprentissage qui leur a permis une incursion dans divers domaines, développant des propositions et échangeant avec les hommes, jeunes et vieux.

 Ivan: Et quel est le rôle des jeunes ?

 Vilma: La participation des jeunes s’est accrue avant celle des femmes, puisque ce fut le père Alvaro Ulcué (assassiné en 1984 par des grands propriétaires terriens) qui a commencé à motiver les jeunes afin qu’ils s’organisent, qu’ils se forment, qu’ils se conscientisent et qu’ils se sentent fiers de leur sang indien. Le père a atteint son objectif et depuis ce temps existe le Mouvement Juvénile, où siègent des représentants des 17 réserves qui font partie de l’ACIN. Ces jeunes reçoivent une formation en leadership, participent à des ateliers sur le néolibéralisme, la globalisation, il y a aussi de l’éducation informelle et l’université. De plus, ils alphabétisent les aînés. De la même façon, ils ont des projets de production et de développement afin de financer leurs assemblées, rencontres, échanges et participation à des événements. La majorité des leaders, gouverneurs, maires et autres se sont formés à travers le Mouvement Juvénile, ont pourrait aussi l’appeler École de Leaders Communautaires !

 Ivan: Et les Aînés ? Prenant en compte leur sagesse, comment leur participation se manifeste-t-elle ? 

Asamblea Nasa. Photo: NASA-ACINVilma: La participation des Aînés s’exprime de deux façons, celle des The Walas et celle des Anciens. Ici nous avons tenu des sommets des Aînés et des jeunes, où les aînés ont l’opportunité de conter leurs histoires et de conseiller les plus jeunes ; Par exemple, pour les dernières récupérations de terre, leur participation et leurs recommandations ont joué un rôle fondamental, parce qu’ils ont l’expérience des récupérations menées au cours des années 70 alors qu’ils avaient dû affronter les militaires pour récupérer des terres, et maintenant, avec leurs expériences et leur sagesse ils ont guidé la nouvelle génération. Également, il y a l’orientation donnée par les The Walas, qui sont des personnes qui connaissent à fonds la médecine traditionnelle, nous recourrons constamment à leurs services pour harmoniser les familles et la communauté, pour le nettoyage du corps, pour faire nos rituels. Ce sont eux qui nous indiquent le chemin, ici l’autorité suprême est l’assemblée, où les décisions sont prises en consensus, mais ceux qui au bout du compte harmonisent le tout sont les Aînés et les The Walas.

D’autre part, il y a deux ans s’est conclu un projet nommé Chaire Nasa Unesco, dans lequel ont été recueillis les témoignages de près de cent anciens de toute la région, où ils racontent les luttes d’autrefois, les récits de la création, les légendes, fables et contes, et ces textes sont utilisés par les écoles primaires du Cauca.

Ivan: Vous proposez l’autonomie. Quel est votre conception de l’autonomie territoriale ? Vous considérez-vous comme des Premières Nations ? Pourquoi ? 

Vilma: Nous concevons notre histoire récente comme une série de phases de résistance et de construction d’alternatives devant des phases d’invasion qui ne se terminent pas et qui au contraire s’accroissent. Nous divisons notre histoire en quatre périodes depuis l’arrivée des Espagnols : Conquêtes, Colonie, République et Globalisation. Notre processus de résistance s’est développé en phases qui ne se terminent pas, mais qui suivent une séquence : Résistance, Récupération, Autonomie et Alternative. Nous voyons l’autonomie comme faisant partie de ce processus de lutte permanente, et ce en deux sens. Le premier sens culturel-territorial est basé sur le fait que nous sommes des peuples vivant en nos territoires. Nous Nasa sommes fils et filles de l’étoile et de la lagune. Notre être est inséparable des esprits et des êtres qui habitent ce territoire. Notre raison d’être est l’Équilibre et l’Harmonie. Nous obéissons à la Loi d’Origine qui connaît et reconnaît la relation et la place de tous les êtres. Une relation et une place qui changent et se ré-établissent, mais qui doivent se conformer à cette loi originaire qui préserve et promeut la vie en équilibre et en harmonie depuis toujours. Les Aînés nous enseignent que nous devons y défendre la vie parce que nous sommes partie intégrante de tout ce qui existe sur le territoire.

Nous adoptons et adaptons ce qui nous sert et nous avons su changer et apprendre avec le temps, mais toujours à partir de notre identité et de notre enracinement. En ce sens, pour nous l’autonomie c’est la vie. Ce sont deux choses inséparables, de la même manière  dont nous sommes inséparables du territoire et de la culture. Notre rêve "c’shaw", c’est la recherche permanente de l’équilibre et de l’harmonie dans le territoire et avec la vie.

 Mais l’autonomie a également un sens stratégique, comme partie de cette lutte en plusieurs phases qui répond à l’agression et qui génère des alternatives. Nous concevons l’autonomie sur le plan historique comme le moment où, ayant survécu à l’agression par plusieurs formes de résistance (que nous continuons à développer), ayant récupéré le territoire et la dignité, nous devons établir des institutions et des processus qui répondent  et correspondent à notre façon Nasa de vivre et d’être.

Nous voyons le futur de la Terre Mère comme une toile d’autonomies diverses entre peuples et processus dans nos territoires et depuis nos cultures. En tant que fils et filles de la Terre, nous recherchons l’autonomie non pour nous séparer des autres peuples, sinon pour nous rapprocher d’eux par la diversité et la différence. Nous sommes différents afin de pouvoir être frères et sœurs et vivre ensemble. C’est pourquoi nous passons depuis l’autonomie à participer à une lutte globale avec d’autres peuples, parce que seuls nous ne pourront pas construire ce réseau qui est cet autre monde possible et nécessaire.

Nous ne sommes ni meilleurs ni pires que les autres. Nous sommes nous-mêmes, différents, et nous avons le droit d’être ce que nous sommes. Le pouvoir de la globalisation et du capital, hérités de la Conquête, ne cherche qu’à soumettre, dominer et faire disparaître les différences, arrachant les peuples à leurs territoires et à leurs cultures et nous convertissant en ouvriers, en mendiants ou en consommateurs. Pour nous, c’est oublier la terre, l’équilibre, l’harmonie et l’identité. C’est cesser d’être Nasa. C’est la mort. L’autonomie, ou plutôt les autonomies c’est la vie. C’est pourquoi l’autonomie est pour nous une stratégie, c’est la  raison d’être sur le territoire depuis la culture.

Ivan: Votre lutte est-elle inspirée par un projet indianiste ou indigéniste en particulier ou préférez-vous vous situer comme de gauche, centre ou droite ?

Vilma: Oui, nous sommes indianistes et indigénistes, si cela s’entend comme notre enracinement culturel et territorial ; Nous avons notre propre position politique, nous ne sommes ni avec la droite ni avec la gauche, nous luttons pour la défense de notre territoire, de notre plan de vie et pour la libre autodétermination. Nous croyons en l’importance de tisser des alliances avec d’autres peuples, de construire des alternatives, de travailler avec les Noirs, les paysans, les syndicalistes et les mouvements populaires afin de faire une seule voix, c’est notre objectif, si nous nous isolions nous ne pourrions y arriver. Nous ne sommes pas fondamentalistes et nous reconnaissons que nous avons adopté beaucoup d’autres cultures et peuples et que nous continuerons à le faire. Nous croyons que la sagesse consiste à être pratiques et non sectaires. Le sectarisme est une manifestation de faiblesse qui se cache derrière l’agressivité. Notre force n’a pas besoin des sectarismes. Mais nous sommes Nasa et nous concevons l’indigénisme comme le maintien de la relation avec la terre mère, la culture, la loi d’origine, le plan de vie et le rêve collectif.

Ivan: Quel type d’alliance avez-vous établi pour une campagne internationale ?

Vilma: Actuellement, nous avons plusieurs contacts et nous réalisons des projets conjoints avec d’autres peuples autochtones, paysans, syndicalistes et afro-américains entre autres. Nous consolidons la solidarité réciproque avec d’autres peuples. Nous mettons de l’ordre dans notre ample expérience internationale par la Toile de Communications et Relations pour la Vérité et la Vie. Nous croyons dans les relations diplomatiques directes comme peuples, sans intermédiaires et nous en avons cumulé beaucoup en Colombie, sur le continent et en Europe, mais nous voulons ordonner cette expérience et la convertir en politique de l’organisation. Nous avons pris en main la communication, nous avons assisté à des événements et des conférences, nous avons été reconnus au plan international, nous avons mobilisé des ressources et des projets, nous recevons la visite de délégations externes et à chaque fois ils apprennent à nous connaître un peu plus. Mais tout ceci est sujet de réflexion et de mise en ordre,  parce que c’est une priorité. Il nous manque beaucoup pour arriver où nous devons en ce sens.

Ivan: Quelle est ta position face à l’actuelle conjoncture électorale ? Y a-t-il des alliances que vous appuyez ?

Vilma: Nous croyons que ce qui se vit en ce moment est terrible sur le plan électoral, comme les uribistes ont de l’argent, parce qu’ils sont parrainés par les États-Unis et appuyés par les narco-paramilitaires, ils font ce qu’ils veulent à travers le pays, ils achètent des gens, menacent et assassinent leurs opposants, tandis que le peu de candidats décents ne peuvent compter sur aucune ressource pour apparaître dans les médias et sont occultés par les autres. Nous avons dit que nous appuierons au plan électoral à quiconque s’engagera à appuyer notre processus et nos principes.

Le processus électoral n’est pas une fin en soi pour nous et il finit presque toujours par confondre et diviser les gens. Les institutions de l’État sont distinctes et contraires aux nôtres. Elles sont de l’envahisseur. Le fait d’avoir des gens là nous a servi, mais seulement quand ces personnes se soumettent au mandat de la communauté et nous ouvrent des espaces. Le problème est que quand ils s’engagent dans des charges publiques ou au Congrès, ils se transforment et se mettent au servie de leurs intérêts personnels ou des partis politiques. Il existe beaucoup de confusion sur ce plan. Nous avons une position politique sur les thèmes principaux pour tout le pays l’avons rendue publique. Nous avons un Mandat qui est ressorti du Congrès Autochtone Populaire et nous voulons élire des personnes qui obéissent à cette position et à ce mandat.

C’est pourquoi nous appuyons à Carlos Gaviria du parti Alternative Démocratique, parce que c’est le seul qui répond aux critères de la communauté, il nous a appuyés sans aucun intérêt personnel depuis longtemps, il a marché avec nous en septembre 2004 et c’est une personne qui défend la souveraineté du pays. Nous n’espérons pas du processus électoral qu’il construise ce que nous voulons, mais nous cherchons à y entrer depuis le mandat donné par les communautés afin d’utiliser ces espaces et ressources en appui à notre construction depuis la base.

Ivan: En terminant, voudrais-tu envoyer un message à la communauté autochtone au niveau international ? 

Vilma: Selon notre façon de penser Nasa : les paroles sans l’action sont vides, les actions sans paroles sont aveugles, et les paroles et l’action hors su sens de la communauté sont la mort.

C’est pourquoi : “LE MESSAGE EST QUE NOUS COMMENCIONS À METTRE LES MOTS EN MARCHE, À TISSER DES RÉSEAUX DE SOLIDARITÉ ENTRE JOUS, QUE NOUS ÉCHANGIONS NOS CONNAISSANCES ET EXPÉRIENCES AFIN DE RENFORCER NOS PROCESSUS COMMUNAUTAIRES ET DE DÉFENDRE NOTRE TERRE MÈRE”.
Vilma ALmendra-Ivan Ignacio. Photo: CNTower

 

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  • Actualisé le: 08/10/2005
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